«

»

Mai 01

Tempête sur le net ! Quand Nabila affole les Facultés de droit…

27 Flares Facebook 0 Twitter 25 Google+ 2 Pin It Share 0 Email -- Filament.io 27 Flares ×

Pour ceux qui auraient raté le dernier « buzz » des étudiants en droit adeptes des réseaux sociaux, un bref rappel des faits s’impose. Précisons ici que, par pur souci pédagogique, nous avons un peu « brodé » (le lecteur doit en effet chercher dans la masse d’informations parfaitement inutiles qui lui est transmise les seuls faits pertinents pour aborder une discussion sérieuse).

Dimanche, 18h. Une juriste, chargée de travaux dirigés d’une Faculté parisienne, après avoir repoussé l’échéance durant  tout le week-end, est au pied du mur. Il lui reste à peine quelques heures pour écrire ce cas pratique qui permettra l’évaluation (continue) des étudiants en droit de première année,  et la réussite pour tous. L’examen a lieu dans une semaine, mais en raison des délais de reprographie de l’université (qui emploie sans doute des scribes recopiant à la main les énoncés), sa « copie » est attendue lundi à 8 h. A défaut, le service des examens la placera sur la liste noire des enseignants non coopératifs, sanction assurément plus lourde qu’en matière de paradis fiscaux.

Notre juriste songe d’abord à proposer un sujet d’actualité en droit de la famille, matière dont elle encadre les travaux dirigés.

Vous traiterez la dissertation suivante :

« Le mariage pour tous: tous pour le mariage ? »

Elle imagine toutefois l’amphithéâtre envahi de manifestants quelques minutes après la distribution du sujet, et songe aux commentaires du Doyen de la Faculté lorsqu’il viendra la trouver, une ballerine à la main, après l’intervention musclée des forces de l’ordre. Beaucoup trop dangereux, conclut-elle.

Passablement déprimée, notre juriste allume alors son poste de télévision, en quête d’inspiration. Le « zapping » d’une chaîne anciennement cryptée va la sauver. Une héroïne d’une émission de téléréalité, nommée Nabila, se ridiculise devant la France entière en mimant un appel téléphonique bien mystérieux.

nabila-allo-mais-allo

Ses frasques amoureuses, qu’elle raconte avec une fraîcheur toute particulière, semblent à même de nourrir des cas pratiques de droit de la filiation sur plusieurs générations. « Je tiens enfin mon sujet », s’écrie notre juriste ! Et c’est ainsi que des étudiants de première année de la licence en droit ont découvert les aventures (imaginaires) de Nabila dans un cas pratique, qu’il s’agissait bien sûr de résoudre avec le sérieux requis. A la sortie de l’amphithéâtre, une étudiante s’empresse de diffuser le sujet sur les réseaux sociaux, sans doute trop heureuse de partager avec ses amis son amour pour les études de droit. Les réactions s’enchaînent, et par un effet boule de neige dont le net a le secret, la blogosphère se fait l’écho d’un débat de haut vol sur la pertinence ou non de recourir à une starlette de la téléréalité pour rédiger un cas pratique.

De manière un peu schématique, deux clans s’opposent. Les uns crient au scandale, la pauvreté de cette référence culturelle témoignant d’un effondrement des savoirs dans les universités françaises (ou du moins dans certaines d’entre elles, précisent les internautes qui se targuent de bénéficier d’un enseignement autrement plus sérieux). Les autres (parfois universitaires) crient au génie, cette innovation pédagogique ayant atteint son but en captant l’attention des étudiants afin de traiter ce qui n’est, somme toute, qu’un banal sujet de droit de la filiation.

Devant de tels commentaires, le professeur de droit que je suis se révèle assez perplexe, et éprouve une réelle compassion pour la malheureuse chargée de travaux dirigés qui s’est trouvée, bien malgré elle, au cœur de cette tempête. Ce qui n’était qu’un sujet à l’humour potache destiné à ses étudiants s’est retrouvé en l’espace de quelques jours aux yeux de tous. Voilà de quoi nous faire trembler, et perdre toute vocation pour l’enseignement ! Finie, la tranquillité (toute relative) des amphithéâtres : « big brother is watching you ». Un propos mal interprété, un (bon) mot de travers, une coquille oubliée, et les censeurs (anonymes, bien sûr) sont prêts à vous lyncher sur la place publique.

Nous ne rejoindrons donc pas la cohorte des offensés, gardiens en quelque sorte du « culturellement correct ». Non qu’il faille mettre les citations de Nabila au même niveau que l’œuvre littéraire d’un Balzac dont l’univers est peuplé de juristes, mais parce que le cas pratique n’a pas vocation à cultiver des étudiants, sauf à les infantiliser encore davantage. Le cas n’est là que pour faire réfléchir des juristes en herbe à un ou plusieurs problèmes de droit, qu’il s’agit d’examiner avec méthode et en argumentant de manière solide. Que l’on s’émeuve qu’un professeur de français propose une étude de texte sur un récit autobiographique de Nabila, reléguant nos auteurs classiques aux oubliettes pour faire plus « pédago », je le comprends fort bien et je partage évidemment l’indignation. Mais que l’on blâme les rédacteurs de sujet en droit, en chimie, en gestion ou dans toute autre discipline, au motif que leurs références culturelles sont douteuses, c’est bien moins compréhensible.

Je dois alors passer à confesse avant que la meute ne s’empare de ma production. Dans mes archives de sujets d’examen, la liquidation de la succession du Cousin Pons (ouf, je suis au niveau) côtoie la réparation des dommages causés par Spider Cochon, animal de compagnie d’Homer Simpson (là, je perds beaucoup de points). La dévolution particulière de la succession de l’adoptée qu’est Ursule Mirouët (cette fois, cela passe) voisine les contrats conclus par les Tontons flingueurs (c’est très limite, mais avec un Fernand Naudin dans la bande, comment résister ?). Les pressions exercées sur Orso della Rebia dans son île de beauté (ah, Mérimée !) donnent lieu à quelques interrogations, tout comme l’accident de rugby dont est victime le pauvre Agnan dans son collège Sempé (c’est lamentable). Bref, je revendique un droit à la fantaisie et à des sources d’inspiration multiples (et de « niveau » très inégal, je le reconnais très volontiers), la rédaction d’un sujet d’examen n’ayant pas vocation à demeurer un exercice triste et fastidieux pour son auteur. Car il ne faut pas s’y tromper : l’humour émanant du cas pratique n’amuse souvent que le professeur qui l’a donné, sauf à avoir encore l’illusion de penser que nos étudiants viennent à l’examen pour vivre un dernier moment de bonheur avec ce juriste charismatique qui les a ébloui tout au long de l’année (mais que certains découvrent le jour de la consultation des copies, n’ayant jamais trouvé les portes de l’amphithéâtre). Le professeur, astreint à un style bien plus sérieux dans ses travaux de recherche, libère donc sa plume à chaque sujet d’examen, avec plus ou moins de talent. Il espère, au mieux, faire sourire ses collègues en charge de la surveillance de l’examen, afin d’occuper un peu les trois longues heures qui séparent la remise du sujet du dépôt des copies après émargement.

Notons enfin qu’il y a près de vingt ans, mes propres professeurs, dont la réputation était des plus solides, avaient déjà un goût certain pour le calembour. Et la grande époque des « Monsieur et Madame ont un fils… » n’est pas encore révolue dans les Facultés. J’ai notamment souvenir d’une étude de cas conduisant à analyser la fusion de la société Dudulle avec la société l’Habitat, sujet dont je ne dénoncerai pas les auteurs : leur vie serait menacée compte tenu de l’humour grivois ici pratiqué.

Pour autant, qu’il soit permis de ne pas se rallier à ceux qui analysent la rédaction du sujet Nabila comme une belle « méthode pédagogique », consistant à se mettre « au niveau des étudiants ». En effet, on ose espérer que nos étudiants ne constituent pas une masse à ce point décérébrée qu’elle ne consomme plus que des émissions de téléréalité, sans jamais ouvrir un livre. Que les références culturelles des uns et des autres soient très variables est un fait (j’ai souvenir d’un cas pratique rédigé durant de longues heures à l’aide d’extraits de chansons de Georges Brassens, extraits qu’il s’agissait de reconnaître en question bonus, ce qui a suscité ce commentaire de l’un de mes étudiants : « Pffff, vous savez, moi, Brel… »). Mais partir du principe que le niveau culturel des étudiants ne sera jamais à la hauteur pour saisir toute la subtilité de nos propos a quelque chose d’assez affligeant de la part d’universitaires dont la vocation est, tout de même, de diffuser un savoir, de susciter la curiosité et l’échange, avec un niveau d’exigence digne de ceux qui nous ont, naguère, formés. Si Nabila se trouve au cœur d’un cas pratique, c’est donc bien dans le seul but de s’amuser un peu devant le ridicule des starlettes du moment, et non de se rendre accessible à une populace estudiantine parfaitement inculte, qui encombrerait nos amphithéâtres…

Gardons-nous, donc, de tomber dans ce « pédagogisme » qui nous guette, surtout dans le contexte ambiant. La prochaine réforme des universités ne vise-t-elle pas à faire de nos Facultés de grands lycées (la novlangue ministérielle étant assez éclairante sur ce point), avec un taux de réussite programmé par notre ministre ? Après les multiples réformes portant sur les règlements d’examen, qui ont fait passer les anciennes épreuves d’admissibilité avec note éliminatoire pour un traitement inhumain et dégradant, la nouvelle étape consistera-t-elle à nous prier de faire des épreuves plus simples (des QCM pour tout le monde, comme pour le code de la route) ? Et si l’on se rebelle, va-t-on nous priver des maigres dotations allouées aux universités (dont l’autonomie est donc toute relative), alors que les restrictions budgétaires conduisent déjà à supprimer des séances de travaux dirigés dans les Facultés de droit, un peu partout en France ?

Voilà un débat dont pourraient judicieusement s’emparer nos étudiants, qui sont les premiers concernés par ces évolutions. La valeur de leurs diplômes est ici autrement plus menacée que par le cas pratique Nabila…

Allô, les étudiants, vous me recevez ?

Estelle Naudin

27 Flares Facebook 0 Twitter 25 Google+ 2 Pin It Share 0 Email -- Filament.io 27 Flares ×

(18 commentaires)

1 ping

Passer au formulaire de commentaire

  1. etienney

    Madame,

    Je rejoins votre point de vue , à mon sens , le fait de mêler l’actualité certes peu reluisante de la télé-réalité à un cas pratique ne signifie pas le déclin de l’enseignement dans l’Université. Cependant, le tolé suscité par ce cas pratique atypique témoigne simplement de l’inquiètude d’universitaires qui s’inquiètent d’une détèrioration de la qualité de l’enseignement prodigué dans les universités.
    A juste raison puisque ainsi que vous le soulignez vous-même , face à un déclin croissant des moyens à la fois matèriels et financiers attribués aux universités, nous assistons à une braderie globale de l’Université, puisqu’effectivement semble notamment envisagé au sein de certaines Universités sont celle de Strasbourg la suppression de certains travaux dirigés, ce qui évidemment entrainement une détèrioration des conditions d’étude pour les étudiants. Surtout elle implique un abaissement important du niveau d’exigence concernant les examens. A moyen terme, cela entrainera une dévaluation certaine des diplômes remis les Universités françaises.
    De ce fait, il faut autrement plus s’inquiéter de la dévaluation progressive des diplômes universitaires français, eu égard au tarissement des investissements attribués aux universités, plutôt que de se perdre en conjectures face à ce qui n’était finalement qu’un trait d’humour .

    1. Estelle Naudin

      Nous sommes bien d’accord. J’ose espérer que nous pourrons toujours faire de l’humour dans nos amphis (ce petit billet est juste destiné à sourire un peu…). C’était simplement l’objet de mon propos car il y aurait beaucoup à dire sur l’évolution des Facultés de droit.
      Vous avez compris que pour moi comme pour beaucoup de collègues, la vigilance est de mise pour ne pas céder aux vœux du ministère (la ligne est la même que la droite ou la gauche soit aux manettes, et il y a peu à attendre de nos élus sur ces sujets): garder nos exigences sur la nature des épreuves (pitié, pas de QCM), sur les exigences attendues (l’humour, oui, le cas pratique « Fisher Price », non, sinon on se moque de nos étudiants…), et se bagarrer pour conserver des postes de statutaires afin de former des équipes pédagogiques solides (un mauvais chargé de td fait beaucoup de dégâts, chacun le sait). On souffre aujourd’hui car la mode est aux fusions, les juristes se trouvant alors noyés dans des universités pluridisciplinaires où l’on a bien du mal à se faire entendre et défendre nos spécificités. De quoi alimenter encore bien d’autres billets…

      1. Estelle Naudin

        Une précision en complément : la qualité d’un chargé de td ne tient évidemment pas à sa qualité de statutaire ou de vacataire (il y avait une ambiguïté dans mon commentaire sur ce point, je m’empresse donc de préciser). En revanche, si l’on supprime des postes d’ateŕ (ce qui est la tendance actuelle par souci d’économie) on ne trouvera plus beaucoup de candidats pour faire des thèses et se consacrer par ailleurs à des enseignements, en ayant la disponibilité requise pour les étudiants…

  2. Mlla

    Madame Naudin,
    Je ne saurais être plus en accord. Ce n’est pas parce que l’on est en niveau universitaire qu’il faudrait délaisser la pédagogie ludique pour du classicisme magistral..
    Car au final c’est en étant plus proches des étudiants dans le langage de l’enseignement que l’on transmet le mieux aux étudiants.
    Encore, il s’agissait en l’espèce de jeunes etudiants de premiere annee, et de par leur frais début en droit il est necessaire si ce nest vital de leur rendre les raisonnements juridiques les plus intelligibles possibles.. et le choix des illustrations est pour cause important afin d’adapter la pédagogie à l’étudiant.. c’est ici une nuance à soulever : c’est bien la pédagogie qui s’adapte aux etudiants et non l’enseignement.
    Nous le remarquons bien, nous les étudiants de Droit : pour nous l’idéal serait la combinaison d’ une base de données solides, avec une pédagogie ouverte et flexible aux étudiants.
    C’est dans ce critère, parmi d’autres, de pédagogie que l’on juge de la qualité d’enseignement dans une faculté de Droit.

    Et qui a dit que Nabilla ne saurait faire part d’un bon syllogisme?

  3. Jean Mouloud

    Entièrement d’accord avec cet article.
    Je m’inquiète plus pour la valeur de mon diplôme -et mon avenir- que pour l’humour des chargés de TD.

    Le fait qu’il y ai buzz/polémique sur le sujet d’un cas pratique plutôt que sur l’évolution des universités (qui vont dans le mauvais sens) me laisse perplexe. Après tout, ne vivons nous pas dans la société du scandale (Dernière en date, la sextape de la Fouine)? Dans une société qui glorifie l’ignorance et l’imbécillité? Je me demande si une anecdote comme celle ci aurait fait débat dans un pays d’excellence comme la Corée du Sud. En fait, ce qu’il y a à retenir, c’est que la psychologie de la jeunesse française va mal, très mal, tout autant que son sens des priorités.

    Signé un étudiant qui ne trouve les portes de l’amphithéâtre que le jour de l’examen.

    1. Estelle Naudin

      Un aveu: étudiante, j’ai aussi séché quelques cours à la Faculté.
      Signé un professeur qui ne peut plus sécher ses cours sans que cela ne se voit…

  4. Agathe Ze power

    J’ai decouvert l’art du cas pratique à travers Agathe Ze power et jean delapelouse ( Jean dujardin lui même en rigolerait) mais plus surprenant j’etais present lors de cette inovation de Spider Cochon.
    La dédramatisation de l’examen par ce genre d’humour permet pour ma part de voir un correcteur plus joyeux et certainement plus detendu par la correction de nos copies(seul spider cochon sait detendre un etudiant qui redige une copie).
    Comme dirait Coluche  » je ne suis ni pour ni contre,bien au contraire…
    « Pfff vous savez moi Brel » 🙂
    Bonne journée,

    Un etudiant

  5. JIM

    Ah… Mélanie Zettofrais et ses amis Jessica Nettofrais, Hélène-Berthe Mavallée, Alonzo Balmaské, Justin Calva ….. que de bons souvenirs de la Fac de Droit de Strasbourg Promo 82/85!

    Bravo pour votre ouverture d’esprit. C’est une usine à bons souvenirs…… « ) à ma fille…

  6. Etudiante en droit.

    Etant étudiante en deuxième année de droit à Strasbourg, et ayant eu le plaisir d’avoir Mme Estelle Naudin en cours ce semestre, je tiens à m’exprimer également.
    Pour ma part, je suis totalement pour des cas pratique ou des exercices mettant en scène des personnages connus de dessins animés, de télé-réalité ou autre. En tant qu’étudiante, je trouve que ce type d’exercice redonne de la vie au cours, et surtout dès lors qu’un professeur fait rire ses élèves, il capte leur attention, aller en cours, lorsque l’on sait que nos professeurs sont sympathique, ont de l’humour nous donne envie de venir, et j’irai même jusqu’à dire pour ma part, que dès lors que le sujet abordé traite de quelque chose que l’on connait, on est plus concentré, plus « dans le cours ».
    Un cours où l’on sait que l’on va pouvoir rire ou du moins sourire reste toujours mieux appris et plus apprécié qu’un cours où un professeur morose rentre sans dire bonjour, ne dit pas au revoir et récite un cours qui, on le sent, l’ennui lui-même, n’y met pas de coeur, même pas un rien de fantaisie ou de ton.

    Les cours tels que ceux de Mme Naudin sont intéressants, et même si l’on ne comprend pas toujours toutes les allusions (hé oui, nous restons moins cultivés que vous, chers professeur, il faut bien l’avouer), la plupart du temps, c’est un plaisir que de se dire qu’on ne va pas passer trois heures ou plus à simplement attendre la fin du cours.

    Utiliser des personnages pour les exercices non seulement va faire rire et donc « réveillé » un étudiant, mais en plus, l’étudiant a tendance a être plus attentif puisque son attention est capté par la référence.

    Bref, je suis totalement pour Spider-cochon et Nabilla ! Et je remercie Mme Naudin de faire vivre ses cours.

    1. Estelle Naudin

      Merci à mes anciens étudiants pour ces gentils commentaires, et surtout gardez le sourire en dépit de la sinistrose ambiante ! Et n’oubliez pas de me tenir informée de l’anatomie des bûcherons suédois si vous en croisez (private joke, pardon pour les lecteurs que je n’ai pas eu le privilège de croiser en amphi…)

  7. Etudiant en droit.

    Madame,

    Pour moi ce scandale reflète une triste réalité, les facultés de droit ont perdu leur humour en prônant une image de supériorité intellectuelle.
    Et pourtant, comme vous le dites si bien, la valeur des diplômes baissent tandis que certains sont persuadés d’appartenir à l’élite.
    C’est en invoquant ce même terme « d’élite » que l’ancien doyen de la faculté de Strasbourg nous a accueilli en première année. N’en déplaise à certains, je n’ai pas pu m’empêcher de rire à cette annonce.
    Le pire c’est que cela semble se manifester du coté des élèves (non ce n’est pas vous, qui venez en costard en amphi, que je vise).

    Pour finir je tiens à citer Emil Michel Cioran, philosophe : « Dès que quelqu’un me parle d’élites, je sais que je me trouve en présence d’un crétin ».

    Inutile de rappeler que savez rendre votre matière abordable pour vos élèves, votre texte en est la preuve, c’est l’occasion inespérée pour vous exprimer mes remerciements les plus sincères.

    Un ancien étudiant qui porte le même prénom que votre mari.

    1. Estelle Naudin

      Merci Gaëtan ! Damned, vous êtes démasqué…
      Et moi aussi au passage : mes collègues vont finir par penser que je raconte ma vie en amphi (ce qui n’est pas totalement faux, j’en conviens…)

  8. Degirmenci

    Chère Madame,

    J’ai également eu l’immense plaisir de vous avoir comme Professeur en 2ème année à la Faculté de Strasbourg. Je rejoins votre « plaidoyer » en faveur de cette chargée de TD, mais aussi la nuance que vous apportez sur le fait qu’une telle « méthode » ne serait être une fin en soi (« pédagogisme ») mais un moyen comme un autre de mettre un peu d’humour dans un univers quelques fois très crispé.

    D’autant plus qu’un telle posture est susceptible de donner goût à une matière ou encore d’attirer l’attention des étudiants sur l’ouverture d’esprit des universitaires, et pourquoi pas de susciter des vocations.

    Dommage que je n’ai pas, à ma portée, les sujets des cas pratiques que vous nous aviez alors donnés, où il pouvait même être question de vos propres étudiants.. Ce dont je me souviens, ce sont les rires synchronisés de tout un amphi qui inauguraient ainsi le début d’une épreuve de 3 heures.

    Mes salutations les plus sincères Madame le Professeur!

    1. Estelle Naudin

      Merci ! Heureuse de vous avoir fait sourire sur les bancs de la Faculté…

  9. Fan club de Mme Naudin

    Il est vrai que le rire est très nocif surtout pour « l’élite » que nous représentons, alors faisons la chasse aux jeux de mots de douteux, aux traits d’esprits, à ceux qui pimentent leurs cours de quelques clichés bien trouvés, à ceux qui n’hésitent pas à sortir une blague en plein amphi ou à nous faire écouter du Renaud (message pour M. Hilt).
    Halte à tous ceux qui veulent nous faire relativiser et faire prendre du plaisir à pratiquer le droit, alors restons sérieux et rangeons nos sourires.

    Un grand merci pour Mme Naudin pour nous avoir fait tant rire et pour m’avoir fait aimer le droit.

  10. Beranger

    J’ai lu avec gourmandise votre papier ! Cela me donne des idées pour le prochain concours de La Semaine juridique … Faire participer un peu plus les profs notamment pour proposer des sujets voire pourquoi pas un cas pratique en Line avec l’actu a cogiter …

  11. Florent Rondio

    Fondamentalement, le problème n’est pas celui de la pédagogie mais de nos références culturelles communes. Dans quel monde voulons-nous vivre ? Vivons-nous seulement dans le même monde ? Il revient désormais à chacun de décider pour soi du monde dans lequel il entend vivre, alors qu’autrefois les intellectuels et les grands hommes, les docteurs de la loi et les princes décidaient pour les autres.

    Les répercussions de cet éclatement de la réalité restent encore à décrypter. D’un côté, un vécu individuel qui s’enrichie. De l’autre, une aventure collective qui s’appauvrie. D’un côté, des opportunités pour les plus clairvoyants. De l’autre, l’abandon des masses à leur abrutissement. D’un côté, la promesse d’une diversité sans limites. De l’autre, le risque de l’incommunicabilité.

  12. S. Le Chuiton

    Chère Madame,

    Bel article que l’on ne peut qu’applaudir ! Au-delà de l’anecdote, c’est à la place et la finalité de l’enseignement en fac de droit qu’il convient de s’intéresser. Et merci pour le fou-rire matinal…

    Mon petit doigt me dit que certains enseignants glissent également des contrepèteries (forcément contraires à la morale et aux bonnes mœurs !) dans leurs cas pratiques. Bizarrement les étudiants ne les repèrent pas, mais s’offusquent de la présence de Nabilla… O tempora…

    Cordialement
    S. Le Chuiton

  1. Humour noir et mariage blanc : le droit patrimonial de la famille pour les nuls » Un peu de droit | Un peu de droit

    […] « Tempête sur le net ! Quand Nabila affole les Facultés de droit… […]

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>